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Lundi, 19 Décembre 2011 12:40
Intervention liminaire - Conseil décembre 2011

 

Cher-es collègues,

 

Je voudrais commencer cette intervention liminaire par une phrase d'une femme qui n'est plus parmi nous depuis peu, mais qui reflète bien le fond de nos interventions dans ce conseil ...

« Au fil des jours, dans l'existence de chaque individu, se tisse la certitude que son sort n'est pas indépendant de celui de ses contemporains. Que ce qui le concerne nous concerne tous. »

 

Certains l'auront reconnu, il ne s'agit pas de Monique Boulestin mais des paroles de Danielle Mitterrand ! Et même si les hommages posthumes sont légitimes, c'est surtout en continuant à porter les combats de ceux et celles qui disparaissent que nous leur donnant tout leur sens.

 

Alors oui, continuons à lutter contre ce monde qui marche sur la tête, où les droits acquis par les populations au grès de luttes et de sacrifices acharnés deviennent tout à coup inopérants face aux marchés financiers. Ces mêmes marchés, devenus des personnages à part entière qui dictent leur orientation politique par le biais d'agence de notation, et qui défont ici et là tel gouvernement, imposent austérité rigueur et récession, sans avoir aucune légitimité démocratique pour le faire. Ils n'obéissent qu'à une seule règle, assez simple finalement qui renvoie nos sociétés modernes au temps des cavernes : la loi du plus fort.

 

On a cru pendant longtemps que la loi du plus fort c'était le nombre. Nous apprenons aujourd'hui que ce n'est pas vrai. La loi du plus fort, ce n'est plus le nombre, c'est la somme ! Et elle se compte en Euros et dollars sonnants et trébuchants !

 

Ceux qui détiennent toujours plus se goinfrent jusqu'à s'en faire éclater la bulle spéculative aux quatre coins de la planète, prétextant être les gardiens d'une conscience pragmatique, pleine de raison, de bon sens, avec la volonté de maintenir les droits des populations et ceux des futures générations, protégeant la nature, la planète et même l'univers ... Et nous, pauvres naïfs, qui ne voulons pas comprendre que les entreprises du CAC 40, les bourses mondiales et la troïka sont de véritables philanthropes. Nous, pauvre population malade et infantile, gaspillant les ressources de la planète et jouissant sans entrave de droits sociaux en services publics, ne travaillant que peu et pas assez longtemps, se soignant et s'éduquant trop, et vivant trop vieux, nous ne leurs sommes pas assez reconnaissants !

 

Ces puissants ont repris à leur compte ce que disait Danielle Mitterrand, mais ils ont travesti cette pensée en la transformant en un nouvel adage : « Notre richesse n'est pas indépendante de la misère de nos contemporains ». Ce n'est pas une note AAA qu'ils ont dégradé mais les valeurs collectives jusqu'à les pervertir en se comportant comme de véritables trous noirs de notre société, absorbant toute la richesse, qu'elle soit financière mais aussi environnementale, culturelle, philosophique ou tout simplement humaine, pour ne laisser autour d'eux qu'un grand vide sidéral.

 

Aujourd'hui, le gouvernement continue sa marche forcée vers ce néant. Une première dans l'histoire de notre démocratie, où une période électorale ne fait pas lever le pied sur les contre reformes antisociales mais au contraire, les accélère. Augmentation de la TVA, attaque sur les 35h, sur la sécurité sociale, sur les journées de carence pour les arrêts maladies, sur les soi-disant fraudeurs et voleurs en tout genre ou presque ... car il n'est pas là question de ceux qui cachent leurs millions dans les paradis fiscaux mais plutôt de ceux et celles qui bénéficient du RSA ! Des assistés, comme ose le dire de sinistres personnages comme Laurent Wauquiez, qui vivraient aux dépends de la société et à qui on voudrait conditionner l'obtention des quelques 460 € par mois à une obligation de travail ... Et justement, du travail il y en a de moins en moins. Nous allons franchir le cap des 10% de chômeurs alors que le bonimenteur de l'Élysée avait fait de sa diminution une de ses priorités quinquennale.

 

Alors cher(e)s collègues, ne vous méprenez pas dans mes propos. Lorsque je cite Danielle Mitterrand, ce n'est pas la « femme de » que je veux mettre en avant, même si son parcours à ce titre mériterait aussi beaucoup de chose à dire. C'est de la militante, de la résistante de tous les jours dont il est question. Car ce qui est commun à l'ensemble de ses combats, le fil rouge de ses engagements, c'est la volonté de s'opposer aux systèmes de domination qu'ils soient financiers, impérialistes, ou moraux.

La défense du bien commun par ses campagnes sur l'eau et son accès pour l'ensemble des populations, doit nous questionner sur la manière dont nous défendons dans notre ville le service public !

 

A donner toujours plus aux grands groupes privés, ici le stationnement, là-bas la gestion d'une patinoire, d'un camping ou d'un centre aqua-récréatif, ou bien en offrant des grands travaux aux Vinci, Eiffage, Véolia et Cie au prétexte de faire marcher l'économie, c'est toujours plus de cadeaux offerts à ceux qui n'en n'ont vraiment pas besoin ... et je sais bien qu'on approche des fêtes de noël, mais on m'a toujours appris que les jouets que l'on garde le plus longtemps ne sont pas obligatoirement les plus ruineux.

 

Effectivement, dans un contexte ou l'individualisme est portée comme une valeur dominante alors que ce qui est de l'ordre du collectif est renvoyé dans le domaine de l'anachronisme, il est utile de rappeler que chaque décision politique que nous prenons doit se soucier et défendre le caractère universel et émancipateur d'un véritable projet de société progressiste.

 

Et le progrès n'est pas de revenir à « panem et circenses » c'est à dire « du pain et des jeux » que vous proposez pour la nouvelle année à venir en le réactualisant d'ailleurs par « du train et des jeux » à travers la LGV et le grand stade. Le progrès c'est la solidarité, c'est aider nos concitoyens dans leurs difficultés quotidiennes en facilitant leur déplacement du domicile au travail, en leur donnant un accès large à la culture et à l'éducation, en participant à leur défense par une véritable maison des syndicats dans la caserne Marceau, et en faisant le choix d'un vrai « centre de vie » plutôt qu'un déshumanisant Calamity village !

Oui, vous l'aurez compris cher-es collègues, si je partage avec Danielle Mitterrand plus qu'un prénom, c'est aussi des valeurs et je terminerai pas ces quelques mots que je lui emprunte de nouveau : « Certains diront que je suis entêtée, mais comment ne pas l'être quand on croit à la cause que l'on défend ».

 

Retour au Conseil municipal du 8 dédembre 2011

 
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